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L'Imaginarium du Dr Cinéma

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Coups de coeur et coups de gueule, l'Imaginarium se veut le reflet du cinéma que j’aime. Bienvenue dans un monde qui défile en 24 images par seconde !


Paul Verhoeven en 5 films

Publié par Imaginarium du Dr Cinéma sur 23 Mai 2016, 11:39am

Catégories : #Mes tops

Paul Verhoeven en 5 films

Paul Verhoeven, réalisateur marqué par l'occupation nazi de son pays, et qui s'interroge film après film sur l'ambiguïté de l'être humain revient sur nos écrans le 25 mai avec « Elle », son premier film français avec Isabelle Huppert et Laurent Lafitte. Adapté d’un formidable roman de Philippe Djian, « Oh… », un polar dérangeant et transgressif, le nouveau film du réalisateur de Robocop a fait sensation au Festival de Cannes, sauf auprès du jury qui a laissé ce petit bijou repartir bredouille. C'est donc l'occasion pour l'Imaginarium de revenir sur 5 films indispensables du génial réalisateur hollandais.

Paul Verhoeven en 5 films

La chair et le Sang (1985)

La chair et le Sang est le premier film hollywoodien de celui qu’on appelle amicalement « Le hollandais violent », et, la dernière collaboration entre le réalisateur et son acteur fétiche, Rutger Hauer. Loin du romanesque hollywoodien, le moyen-âge de Paul Verhoeven est sanglant, crasseux, putride, empli de bruit et de fureurs. Ici la chaire est faible, la religion pervertie, la société décadente… point de prince charmant ni de romantisme cui cui, chacun laisse son côté sombre s’exprimer dans une fresque barbare et majestueuse qui se déroule entre le moyen âge et la renaissance. Un classique organique, sublime et ridicule, qui mêle sexe et spiritualité, superstition et déraison en un tableau grotesque et génial. On pense à Jérôme Bosch devant cette peinture d’une humanité souvent abjecte, où les héros sont autant anges que démons... Bref, ce film de transition est le premier très grand film de Paul Verhoeven. Une œuvre à découvrir absolument pour comprendre l’univers du réalisateur. 

 

Paul Verhoeven en 5 films

RoboCop (1987)

Bienvenue en enfer. Alors que la chine vient de dévoiler son premier prototype de robot anti-terroriste et anti-émeute, retour sur Robocop, coup de poing hargneux sorti tout droit des années 80 (que Verhoeven a failli je jamais faire, puisqu’il avait jeté le scénario à la poubelle après une première lecture, c’est sa femme qui l’a persuadé qu’il pouvait faire quelque chose de bien de cette histoire… merci Mme Verhoeven). Cette charge violente contre la société de consommation, le capitalisme à outrance et la politique sécuritaire des USA, pamphlet sanglant et crépusculaire, qui voit l’homme et la machine s’affronter, avec son héros christique, Peter Weller, sorte de créature de Frankenstein broyé par son nouveau moi robotisé, est l’œuvre phare de Verhoeven, son point d’ancrage comme il le dit lui-même. Ultra violent, ironique et parfois drôle, le film de Verhoeven fait écho à la société déshumanisé de l’Amérique des années 80 et à la politique de Ronald Reagan, mais c’est également une œuvre émouvante qui raconte un paradis perdu, entre crucifixion et résurrection. Ce drame d’anticipation est l’une des œuvres les plus marquantes de son époque. Film de science-fiction ou œuvre prémonitoire ? La question se pose de moins en moins, malheureusement.

 

Paul Verhoeven en 5 films

Totall Recall (1990)

Entre action et humour, Totall Recall et ses faux airs de comics, est à première vue une œuvre plus légère que les précédentes. Et pourtant, derrière le rideau coloré de ce faux "simple divertissement" adapté d'une nouvelle de Philip K. Dick, se cache une critique à peine voilée du capitalisme. Totall Recall s'est également une réflexion ludique sur l'identité et de multiples niveaux de lecture, entre rêve et réalité... mais est-ce vraiment la réalité ? Mais Totall Recall s'est également et surtout Arnold Schwarzenegger. L'acteur dont le jeu parfois pataud renforce le sentiment artificiel de la première partie, se laisse ici totalement guidé par la caméra de Paul Verhoeven. C'est un cap pour Schwarzy, qui trouve avec Paul Verhoeven un juste milieu entre action et humour, et qui franchira un degré supplémentaire trois ans plus tard avec le génial Last Action Hero. Spectaculaire, étonnant, paranoïaque, original, drôle et revigorant, Totall Recall reste à ce jour le plus gros succès du réalisateur aux Etats-Unis, devant Basic Instinct qui le bat au niveau des entrées monde...

 

Paul Verhoeven en 5 films

Basic Instinct (1992)

Thriller érotique et violent,  œuvre perverse et ambigüe, Basic Instinct, qui a révélé au monde Sharon Stone, a marqué d’une scène l’histoire du cinéma. Dialogues brillants, mise-en scène d’une efficacité redoutable, scénario efficace de Joe Eszterhas, mené par un duo d’acteurs au sommet, dont un Michael Douglas charismatique et une Sharon Stone remarquable, sans oublier l’inoubliable musique de Jerry Goldsmith. Mais c’est l’ambiance distillée par Verhoeven qui fait de ce film une œuvre à part. Ici tous les personnages sont troubles, personne n’est tout blanc ou tout noir, comme toujours chez le réalisateur. Jeu du chat et de la souris sensuel, face à face torride et étouffant, après deux films de science-fiction, Verhoeven lance avec Basic Instinct une nouvelle  vague des thrillers érotiques aux Etats-Unis (Sliver, Color of Night, Jade…), tutoie le chef d’œuvre malgré le rejet d’une partie de la presse, offre à l’histoire du cinéma un croisement de jambe et un pic à glace devenus cultes ainsi qu’une suite totalement oubliable en 2006. Deux ans après Basic Instinct, le duo Verhoeven/Eszterhas tentera une nouvelle aventure avec Showgirls, critique ultra-violente du showbiz, un ovni décrié par la presse et boudé par le public, aujourd’hui devenu également culte pour de nombreux spectateurs. Avec Verhoeven l'histoire se répète.

 

Paul Verhoeven en 5 films

Starship Troopers (1997)

L’ironie est une forme d’art souvent mal comprise. En voici le meilleur exemple avec Starship Troopers, film culte et totalement incompris lors de sa sortie en salle. Monument kitsch, pastiche anti-militaire et antifasciste, qui dénonce toute une génération de jeunes américains gavés d’idéaux et de propagande dangereuse, qui vont suivre George Bush les yeux fermés et la main sur le cœur dans sa guerre du golf, sans se poser aucune questions… Comme toujours chez Verhoeven les frontières sont amovibles, ici on torture on nom de la science, on fête la peur chez l’adversaire, on ne réfléchit pas, on exécute au nom de ses idéaux. Satire impitoyable, drôle et délirante, Starship Troopers est l’un des films les plus subversif produit par un grand studio de Hollywood. Il a fallu presque 20 ans pour que l’Amérique s’en rende compte, mais Starship Troopers, c’est également un grand spectacle, un pur divertissement qui dénonce toute forme de propagande avec une intelligence rare. Le film n’a pas été compris par tout le monde, mais ça, c’est le revers de l’intelligence…

 

Paul Verhoeven en 5 films

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