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L'Imaginarium du Dr Cinéma

L'Imaginarium du Dr Cinéma

Coups de coeur et coups de gueule, l'Imaginarium se veut le reflet du cinéma que j’aime. Bienvenue dans un monde qui défile en 24 images par seconde !


J’ai rencontré Mary Poppins

Publié par Imaginarium du Dr Cinéma sur 2 Février 2014, 10:00am

Catégories : #"J'ai rencontré..." - petites nouvelles incongrues



Rencontre-MP.jpg


J’ai rencontré Mary Poppins…


…un dimanche matin dans un bar à choux parisien. Elle engouffrait voracement des choux à la crême pralinée,  chocolat et caramel. Je l’ai reconnue tout de suite, son petit chapeau noir, son chignon old school, son tailleur bleu foncé, les pingouins rigolos qui sortaient de sa grande sacoche et son para… ah non, pas de parapluie. Je me suis approché, elle pleurait… Je lui ai offert un chou thé vert. Elle m’a raconté sa triste histoire…  

La semaine dernière, alors qu’elle taquinait un petit ramoneur entre deux cheminées londoniennes, une bourrasque de vent emporta brusquement son précieux parapluie. Le temps de se rhabiller, impossible de le rattraper. Et sans son parapluie, plus de balades dans les nuages, plus d’arrivées tape-à-l'oeil dans les chambres des enfants, et surtout… plus de lignes de coke pour tenir le coup… car son parapluie était également son dealer. Il lui suffisait de claquer des doigts pour que celui-ci s’envole quelques minutes avant de revenir le manche rempli de poudre blanche… Vous ne pensiez quand même pas que pour supporter les danses, les chants, les histoires à raconter et les  enfants turbulents il suffisait d'un peu d'amour et de bonne humeur?! Bien sûr que non, il lui fallait de multiples doses. Elle en partageait d'ailleurs régulièrement avec les bambins lorsqu’elle voulait leur faire croire qu’elle pouvait les amener dans un monde magique et cartoonesque… Bref, depuis qu'elle avait repris le travail sans la drogue, tout lui paraissait tellement plus réel, plus difficile, et les enfants, elle ne supportait plus les enfants. Jeudi dernier, dans un mouvement de colère, elle avait enfoncé une fourchette dans l’œil droit bleu lavande d’une petite fille de 5 ans. Bien sûr elle s’était excusée et les parents de l’enfant lui avaient pardonné, mais elle sentait bien qu’elle ne se contrôlait plus. Logiquement son parapluie aurait dû revenir de lui-même, mais il avait sûrement été broyé par la violence de la bourrasque. Sur le comptoir, entre les traces de crème chocolat, praliné et caramel, une triste baleine brisée, tout ce qu'il restait de son parapluie dream-merchant.

Alors je décidai de l'aider. Je pris quelques jours de vacances afin de me rendre à Amsterdam pour lui acheter un nouveau parapluie. Celui-ci avait une spécialité différente, les champignons. Plus besoin de garder des enfants et de sniffer de la coke pour s'envoler avec eux dans des univers de dessin animé. Il suffisait à Mary Poppins de claquer des doigts, d'attendre le retour du nouveau parapluie puis de mâcher un champignon made in Amsterdam pour voyager depuis son lit au-dessus des cheminées, dans un monde arc-en-ciel, accompagné d'enfants heureux, un monde éclatant de couleurs, de lumières, où les chevaux de bois deviennent licornes, où les pingouins portent des noeuds papillons et les ramoneurs amoureux, musclés et dénudés se frottent... mais je m'égare, bref, une solution simple et efficace.


Pour me remercier de mon aide, Mary Poppins me proposa bien évidemment de partir "en voyage" avec elle, mais je déclinais, un médecin doit toujours éviter de tester le traitement qu'il préconise aux malades. Quelques jours plus tard, aux environs de Noël, alors que je regardais pour la 150ème fois "La mélodie du bonheur", on frappa violemment à ma porte. Je ne reconnu pas tout de suite Jane et Mickael Banks, clochardisés par leur addiction à la cocaïne. Ils n'avaient apparemment pas du tout apprécié ma solution champignon qui les privait de leur dose quotidienne de poudre blanche... et ils venaient me le faire comprendre à grand coup de chaînes de vélo,  mais ça... c’est une autre histoire !


Texte : Erwan Darbellay - Illustration : Yannick Darbellay

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