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L'Imaginarium du Dr Cinéma

L'Imaginarium du Dr Cinéma

Coups de coeur et coups de gueule, l'Imaginarium se veut le reflet du cinéma que j’aime. Bienvenue dans un monde qui défile en 24 images par seconde !


J'ai testé pour vous l'opéra au cinéma

Publié par Imaginarium du Dr Cinéma sur 17 Décembre 2011, 14:51pm

Catégories : #Actualité

Par Claire Angot 

 

FAUST Kaufmann 1

Copyright : Nick Heavican

 

Voir un opéra dans une salle de cinéma ? « Mouais. Faut voir… Pas gagné quand même ». Bien longtemps, je le confesse, j'ai été dubitative. Et même plus que dubitative. Assez portée sur le lyrisme en général, j'avais peur qu'à vouloir démocratiser l'opéra, on en fasse un ersatz assez indigeste sans saveur ni l'émotion, qui ne convienne finalement ni aux habitués, ni aux néophytes. Comme tout le monde, je n'avais pas échappé aux différentes campagnes de pub pour ce genre d'opération. Mais je n'y croyais guère...  

 

Et puis l'idée m'est venue de tester le concept pour ce blog. Séduite par mon projet, une attachée de presse me propose d'assister à une représentation de Faust au Gaumont Capucines de Paris.  Ironie du sort : l'établissement se trouve justement à deux pas de… l'Opéra Garnier ! Allait-il sinon l'égaler, du moins offrir un spectacle de qualité acceptable ? 

 

 

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Un public d'habitués 

 

Œuvre extrêmement composite, Faust déploie une grande variété de registres. Les valses légères y  sont entrecoupées de passages profondément tragiques ou très mystiques.  Voilà qui paraît idéal pour une première expérience. 

 

Rendez-vous est donc pris un samedi soir avec une amie journaliste, bien curieuse de voir aussi ce que donne un opéra projeté dans une salle de ciné. Première impression une fois dans la salle : le public semble être sensiblement le même qu'à l'opéra : la soixantaine, catégories socioprofessionnelles assez élevées. À peine nos places gagnées, nous faisons la connaissance de nos voisines de rangée : trois véritables groupies -et je pèse mes mots- inscrites pour l'intégralité de la saison. « Vous allez voir, c'est comme le véritable opéra ! On s'y croirait », explique l'une. « Bien sûr il manque le « souffle », ce n'est pas exactement la même chose. Mais on reconnait les lieux, on voit le public new-yorkais », renchérit l'autre. On a nos habitudes dans la salle. » 

 

Le dispositif 

 

Car oui, c'est la première bonne surprise de l'opération : le spectacle est diffusé en direct depuis le Metropolitan Opera de New-York (the "MET").  Un très bon point qui rend le spectacle très vivant et accroît les sensations. On aperçoit  les spectateurs américains, et une animatrice procède à des interviews en live des comédiens à chaque entracte.  

 

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Jonas Kauffmann, le rôle titre de Faust

 

Deuxième très bon point : le dispositif audiovisuel mis en place permet vraiment de savourer chaque moment du spectacle. Variations de valeurs de plans et haute qualité sonore instaure une proximité intéressante avec les artistes. Ce qui n'est vraiment pas pour déplaire au spectateur (enfin surtout à la spectatrice) quand le rôle titre de l'opéra n'est autre que Jonas Kaufmann (c'est mon nouveau Georges Clooney, à côté de lui Ryan Gosling et Brad Pitt peuvent presque aller se rhabiller). À ses côtés : Michèle Losier (Siébel), Russell Braun (Valentin) et René Pape (Méphistophélès) et Marina Poplavskava (Marguerite).  

 

Au fil de 4h spectacle (dont 1h d'entracte), le spectacle ne perd que très peu en majesté avec un son parfait et une réalisation en direct idéalement millimétrée. Quand Marina Poplavskava (allias Marguerite) déclame le fameux « Ah je ris de me voir si belle en ce miroir… » et va chercher des notes si hautes, on aperçoit distinctement ses lèvres tressaillir et le moment n'en est que plus intense. À la fin de cette interprétation, un spectateur visiblement ému lance un  tonitruant « Bravo ! ». Et un peu plus tard, à la fin du deuxième acte, je me surprends moi aussi  à avoir envie d'applaudir, comme au véritable opéra. Il ne manque rien ! 

 

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Marina Poplavskava

 

Certes le 3e acte est moins bon. La mise en scène passe à côté de la dimension religieuse de Faust et se perd dans une interprétation post-Hirochima un peu confuse. Je cherche le propos, je tâtonne, et je me demande ce que font des zombis avec de drôles de lambeaux de peau sur scène. Mais bon, c'est ça aussi l'opéra, non ? Ironie de la retransmission en direct, je partage cette légère déception avec le public new-yorkais, dont j'entends les sifflets à l'intention du metteur en scène au moment du salut final. Reste que l'amie qui m'accompagnait et moi-même avons passé un moment délicieux et somme parties avec la ferme intention de retenir un autre spectacle de la saison.

 

 

Où ? Quand ? Combien ? … 

 

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Copyright Damir Yusupov

Sachez que pour une trentaine d'euros -ce qui est quand même nettement moins coûteux que l'opéra-, les cinémas Gaumont et Pathé propose une programmation lyrique variée à Paris et dans toute la province. Dimanche 18 décembre à 16h, ils projettent Casse-Noisette, le célèbre ballet de Piotr Ilitch Tchaïkovski. Diffusée exceptionnellement en différé, cette version chorégraphique de Yuri Grigorovich est l'un des spectacles les plus attendus de la saison. Par ailleurs, la saison lyrique 2011-2012 compte en tout onze opéras en direct du MET, six ballets depuis Moscou,  et deux ballets en direct de l'Opéra National de Paris. Listes de toutes les salles concernées, informations et réservations sur :

 www.cinemasgaumontpathe.com 

 

UGC s'y est mis également. Vous trouverez également plus d'informations sur

 www.vivalopera.fr

 

Dans tous les cas, pensez à réserver vos places assez en avance, car elles partent très vite ! 

 

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Taira 09/04/2014 16:15

Pour tous ceux qui aiment l' opéra au cinema ,rendez-vous sur Akuentic.

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