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L'Imaginarium du Dr Cinéma

L'Imaginarium du Dr Cinéma

Coups de coeur et coups de gueule, l'Imaginarium se veut le reflet du cinéma que j’aime. Bienvenue dans un monde qui défile en 24 images par seconde !


L'étrange festival : coups de coeur et coups de gueule !

Publié par Imaginarium du Dr Cinéma sur 16 Septembre 2012, 08:00am

Catégories : #Actualité

 

Affiche


L’étrange festival…

les films que j'ai aimés, les films que j'ai détestés, et les films que j'ai aimé détester !

C'est parti pour deux semaines de cinéma différent, de frisson, d'angoisse et de rire... C'est une quinzaine de films que je vais découvrir et dont vous trouverez les critiques jour après jour sur cette page. L'an dernier l'Etrange festival avait projeté "Take Shelter", pour moi l'un des meilleurs films de l'année, il ne reste plus qu'à espérer que le miracle se reproduise !


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Eega

Après "Endhiran - The Robot" l'an dernier, voici "Eega", la superproduction indienne de l'année ! Un pitch improbable, un homme qui se réincarne en mouche afin de se venger de l'homme qui l'a tué par jalousie amoureuse... trio classique du cinéma indien dans une histoire délirante mais surtout très drôle. La première partie peut paraître un peu longue à celui qui ne connaît pas le cinéma indien (Telugu). On y retrouve tous les tics de Bollywood, la musique, la gestuelle des acteurs, les ralentis, le gentil très gentil et le méchant vraiment méchant... Le non-initié trouvera cela un peu kitsch, l'amateur lui y trouvera son bonheur... mais à partir de l'instant où le héros se réincarne en mouche, le film bascule dans un délire jouissif, sans limites, dans un grand n'importe quoi très drôle, avec des scènes complètement improbables et totalement assumées par les acteurs. Un grand moment d'absurde appuyé par une batterie d'effets spéciaux plutôt réussis malgré l'aspect un peu dessin animé de la mouche. Un film que vous ne verrez malheureusement sans doute jamais en salle malgré le succès qu'il a connu en Inde, mais qui a ouvert sous d'excellents auspices mon Etrange festival 2012. Je profite d'ailleurs pour vous rappeler que sur mon blog, il y a un une section bollywood !


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Un jour de chance

Et voici le nouveau film d'Alex de la Iglesia, le pape du cinéma baroque et décalé Espagnol, qui nous a offert l'an dernier un spectacle flamboyant avec "Balada Triste". "Un jour de chance" est une farce satirique et dramatique, qui dénonce l'emballement médiatique face à un fait divers, face à un drame absurde sur fond de crise. Humour noir, cynisme et tragédie au menu d'un film un peu moins personnel et bordélique que d'habitude chez Alex de la Iglesia, pour le meilleur, mais pas toujours. Car malheureusement, le film tourne parfois un peu en rond, répétant les mêmes ficelles qui à force deviennent moins drôles et moins efficaces. Mais c'est un beau film, très juste dans sa dénonciation du cirque médiatique inhérent à notre société, un film loufoque et touchant, et qui en plus m'a offert mon fou rire de l'année ! Bref un excellent moment !


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Citadel

Premier film du réalisateur irlandais Ciaran Foy, "Citadel" est un thriller urbain horrifique plutôt réussi. Angoissant dans une première partie à l'ambiance glauque (à faire se dresser les poils des avants-bras...), le film se perd ensuite dans un scénario pas toujours très abouti. Dommage qu'un certain nombre d'incohérences viennent perturber le récit. Mais je reconnais que je me suis senti sérieusement stressé devant l'efficacité de certaines scènes. Un très bon 1er film, plutôt bien maitrisé, un jeune réalisateur à suivre. Et j'avoue qu'en rentrant chez moi à minuit, juste après le film, seul au milieu des tours de la Défense, les pleurs d'un bébé m'ont fait frissonner...


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Motorway

Produit par Johnnie To, réalisé par Soi Cheang avec Anthony Wang au casting, "Motorway" et son pitch qui sentait bon le meilleur du cinéma de Hong-Kong promettait de passer un excellent moment. Malheureusement le résultat est plutôt décevant, un scénario bâclé, des personnages creux, difficile de trouver de l'intéret à "Motorway". Si quelques scènes bien construites et plutôt intéressantes nous font entrevoir ce que le film aurait pu, aurait dû être, la réalisation chaotique et le montage parfois un peu brouillon perdent régulièrement le spectateur qui ne sait plus vraiment où il en est, qui il suit, pourquoi... et franchement, passer un tiers du film sur l'apprentissage d'une technique de conduite qui va permettre au héros de faire la super manoeuvre indispensable pour coincer le méchant, il faut être amateur de la chose pour ne pas s'ennuyer...  bref, une petite déception, un film sans vraiment d'intérêt, dommage.


Iron Sky

Iron Sky

Il faut toujours se méfier des bonnes idées imaginées devant une bière avec ses potes. "Iron Sky", né d'une soirée arrosée, coproduit en partie par les internautes, est typiquement le résultat d'une fausse bonne idée. Car si son histoire de nazis cachés sur la lune,  avait tout d'une bonne série B, le résultat est très en-dessous du délire annoncé. Malgré un début et une fin visuellement réussis dont les plans plutôt impressionnants ont dû vider une bonne partie du budget et quelques gags sympa, avec une mention pour celui du "Dictateur" de Chaplin, le film tourne à vide, il ne se passe pas grand chose, le réalisateur hésite trop souvent à franchir les barrières de l'absurde. Les ZAZ nous manquent devant ce spectacle inabouti, mais qui sait, devant une bière, avec ses potes, pourquoi pas, une façon de boucler la boucle...


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Headhunters

Et voici mon premier gros coup de coeur à l'Etrange festival. Un thriller Norvégien qui lorgne vers les frères Cohen, une touche de "Fargo", un brin de "Millénium" et une pincée d'originalité. Un film surprenant, glacial et drôle, avec un changement de ton en plein récit, une aventure cynique et saignante qui devrait vous surprendre. Un scénario ciselé, une mise en scène efficace et un casting percutant, c'est pour l'instant la révélation du festival. Mais il y a pourtant un mais... un remake américain est en préparation, alors il ne reste plus qu'à espérer que l'original sortira en France, avant la copie !


Zombie

Zombie ass : toilet of the dead - La nuit Zombie

Réalisé par Noburu Iguchi, ancien réalisateur de films pornos scatologiques japonais devenu depuis l'un des fers de lance du label Sushi Typhoon avec des titres comme "The Machine Girl" ou "Karate-robo Zaborgar", "Zombie ass : toilet of the dead" est sans doute le film le plus délirant de cette sélection 2012 de l'Etrange festival. Un groupe d'amis se retrouve confronté à des vers parasites, des zombies qui sortent des toilettes et de gros problèmes gastriques. Comédie horrifique scatologique sans aucune limite si ce n'est notre résistance, le réalisateur fait preuve d'une grande imagination et nous offre un festival de gaz et de gore qui mélange sans retenue toutes les déviances de nos amis japonais. Dommage qu'une baisse de rythme intervienne au milieu du film et que Noburu Iguchi privilégie systématiquement le délire scato au gros gore qui tâche à la "Machine Girl". De l'érotisme, une jeune écolière, des tentacules, des zombies et un réalisateur qui prend vraisemblablement beaucoup de plaisir à filmer les fesses de ses actrices, "Zombie ass", est un hommage hallucinant au mauvais goût, une comédie scato et horrifique ultime qui ne fera pas rire tout le monde, mais qui trouvera sans doutes ses fans, comme ce fut le cas, samedi soir à l'Etrange festival !


Cockneys vs Zombies

Cockneys VS Zombies - La nuit Zombie

Lorsqu'un hold-up foire complètement, rien de mieux qu'une bonne invasion de zombies pour sauver la situation... Les anglais nous avaient déjà fait beaucoup rire avec "Shaun of the Dead", voici dans la même veine horrifico-humoristique, "Cockneys VS Zombies", soit un groupe de pieds nickelés qui ratent complètement un casse de banque organisé dans l'espoir de sauver la maison de retraite de leur grand-père alors qu'une épidémie de Zombie se prépare... Bien ficelé, efficace et drôle, le film tient sa promesse : nous divertir tout en massacrant un maximum de zombies. Soyons franc, ce n'est pas non plus du niveau d'un "Shaun of the Dead" mais malgré un budget serré l'imagination des auteurs et l'enthousiasme des acteurs emportent l'adhésion.


Gangsters, Guns & Zombies

Gangsters, Guns & Zombies - La nuit Zombie

Je n'ai rien contre les films de potes, c'est toujours une bonne expérience, c'est rigolo de les revoir quelques années plus tard, et puis ça peut être une carte de visite intéressante pour démontrer que l'on sait tenir une équipe et gérer les difficultés d'un long-métrage. Mais de là à le diffuser dans un festival... Bref, c'est très mal joué, mal réalisé, mal écrit, c'est sûrement plein de bonnes intentions, mais tellement classique, sans originalité qu'il est difficile de défendre le film. Pour sortir du lot il faut déjà éviter d'aligner les clichés, nous surprendre, bref proposer quelque chose de différent. Parfois la bonne volonté ne suffit pas, et tout le monde n'est pas Sam Raimi (qui réalise "Evil Dead" à 20 ans...). Bref, à oublier, ou pas, car le film est distribué par Emylia, vous risquez de l'apercevoir un jour dans les bacs Dvd d'une grande surface, ce jour-là passez votre chemin...


OSOMBIE

Ozombie - La nuit Zombie

Après le film de potes, voici la grosse arnaque de la nuit : la traque par un groupe de GI américains de Ben Laden et de ses copains talibans, transformés en zombies dans le désert Afgan. (C'est vrai je l'avais un peu cherché... avec un pitch comme ça j'aurai dû me méfier...). Le résultat ? 1h40 de discussions interminables agrémentés de quelques scènes de combats ridicules, avec effets spéciaux en images de synthèse, ce qui fonctionne très mal pour les giclées de sang ou autres explosions de zombies. Rajoutez des GI qui se battent torse nu (au ralenti), une américaine à la recherche de son frère (en plein désert Afgan, c'est cela...),  des combats au sabre (toujours au ralenti... et même un entraînement au sabre sur fond de soleil couchant), et en plus ce n'est même pas drôle. C'est juste vide, une mauvaise série, B ou Z... mince y'a plus de lettres dans l'alphabet après Z...


Insensibles

Insensibles

Certainement l'un des grands films de la sélection 2012 du festival. Depuis quelques années la guerre civile espagnole a servi de toile de fond à de nombreux films fantastiques, de "L'échine du Diable" au "Labyrinthe de Pan" en passant par  "Balada Triste". "Insensibles" lui aussi s'inspire du passé douloureux de l'Espagne, en racontant la quête d'un homme d'aujourd'hui à la recherche de ses racines, fouillant le passé sensible et trouble de sa famille. L'histoire, s'entrecroise soigneusement, entre thriller et fantastique, entre hier et aujourd'hui, ouvrant petit à petit les portes d'un avant effrayant et de son écho douloureux dans le présent. Le film est envoûtant, parfois éprouvant, mais à vouloir trop maîtriser son sujet le réalisateur n'autorise que peu de place à la magie, au mystère, et surtout à l'émotion, laissant parfois le spectateur sur le bord de l'histoire, dommage, car il ne manquait que peu de chose pour tutoyer le chef d'oeuvre, mais une fois de plus le cinéma fantastique espagnol vient nous prouver sa (très) bonne santé !


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Comforting skin 


Un coup de coeur et une grosse déception. J'ai tout d'abord adoré l'idée, cette femme en manque de tendresse, d'amour, et qui sombre petit à petit dans une relation schizophrène avec son tatouage, qu'elle voit s'animer, lui parler, la comprendre, et dont elle tombe amoureuse, il y avait du Cronenberg dans ce scénario. Malheureusment en dehors d'une très bonne idée, et malgré la bonne volonté de l'actrice principale, le film ne fonctionne pas. Des personnages mal exploités, comme sa famille, sa voisine, une évolution du personnage principal parfois maladroite, des effets à la limite du ridicule comme la voix du tatouage, une musique irritante, un montage brouillon, un film trop long... beaucoup de défauts qui viennent saborder la bonne idée de départ. Le film manque de chair, de folie, le voyage qu'on nous annonçait organique et mélancolique m'a surtout paru interminable, dommage.


Touristes

Touristes

Noir c'est noir... et en plus c'est très drôle ! "Touristes" c'est une méchante comédie de Ben Wheatley, le réalisateur surdoué de "Kill List", l'histoire amorale et cruelle d'un couple de touristes qui va laisser beaucoup de traces et de sang sur leur passage, un road-movie hilarant, gore, et... romantique ! L'humour anglais peut être très noir et très drôle, c'est le cas de cette virée dans l'angleterre profonde, du musée du Tramway à celui du crayon, un film hargneux et violent, où tuer devient un acte écologique, pour sauver l'humanité, la démocratie mais surtout la tranquilité de ce couple pathétique que l'on aime détester. L'image est belle, la mise en scène efficace, les meurtres sont sanglants, les répliques drôles et la musique décalée, bref c'est jouissif, et malgré une petite baisse de rythme au mileu
du film et une construction scénaristique assez classique, "Touristes" est une jolie réussite.


Excision

Excision

Excision ou la chronique d'une adolescence perturbée, entre éveil sexuel et fantasmes troubles, un réalisateur prometteur, un film plutôt réussi mais qui ne tient pas toutes ses promesses. Il faut lui reconnaître cependant le portrait très réussi d'une famille gangrenée de l'intérieur par la maladie de la fille cadette,  par l'adolescence difficile de la seconde, par une mère odieuse et un père totalement absent. Une famille au sein de laquelle Pauline, enfermée dans ses fantasmes morbides, dans ses pulsions sexuelles, une adolescente ingrate et détraquée essaie de trouver sa place, incomprise, trop différente d'une mère rigide, un peu paumée et qui s'enfonce inexorablement dans l'univers de ses pulsions sanglantes. C'est un portrait troublant et très juste que nous offre le réalisateur, avec une exceptionnelle Annalynne McCord dans le rôle de Pauline, à l'image d'un casting surprenant, de Traci Lords formidable en mère insupportable à Roger Bart (Desperate Housewives) ou même John Waters en guest. Cependant on peut regretter les rêves/fantasmes un peu trop clipesques et parfois inutiles et une fin ratée, mais la tristesse et la justesse qui se dégage de l'ensemble emportent l'adhésion.


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Dredd

Après Stallone en 1995, c'est au tour de Karl Urban d'enfiler le casque du juge et justicier d'une amérique futuriste et post-apocalyptique. Le résultat est plutôt décevant. Malgré une ambiance très années 80 assez  sympathique, il faut avouer que visuellement et scénaristiquement le film est raté. Il souffre tout d'abord de sa ressemblance avec "The Raid" , film d'action ultime au scénario identique. Mais si on oublie ce détail (majeur), ainsi que les effets ratés et moches surtout lors des visions des personnes sous Slo Mo (drogue qui permet aux consommateurs de vivre au ralenti), on peut prendre un certain plaisir devant ce divertissement qui nous offre de rares moments d'action fun et efficace. Si nous somme loin du ratage de "Judge Dredd", il manque à l'ensemble un vrai budget, un scénario original et une réalisation un peu plus punchy !


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Headhunters, le coup de coeur de l'Imaginarium et le Prix du Public

Bilan 

Et voilà, la 18ème édition de l'Etrange festival a tiré sa révérence. Difficile pour moi de faire un bilan complet, car je n'ai vu que 15 films sur les 60 métrages présentés. Mais il y a eu de grands moments de délire, "Eega",  "Zombie Ass", de très bons films, "Touristes", Insensibles", des déceptions, "Comforting Skin", "Un jour de chance", des films plus mauvais que mauvais, "Ozombie", "Gangsters, Guns et Zombies" et un coup de coeur, "Headhunters", Prix du Public, Prix Nouveau Genre et donc "Coup de coeur de l'Imaginarium" ! Quinze jours de découvertes, de frissons, de cinéma et de rencontres. Vivement 2013 pour la 19ème édition de l'Etrange festival, le festival pas comme les autres !

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